Je me disais aussi que ça sentait la merde

Les organes -les mêmes qui servent aux greffes-
Décidèrent un jour de se choisir un chef.
Ils ne dérogèrent guère à la pratique
D’organiser des élections démocratiques :
Tous les organes, quelle que fût leur stature,
Eurent le droit de poser leur candidature.Le cerveau disait qu’il lui revenait de droit
De recevoir cet honneur, en tant que penseur.
Les mains protestèrent, ainsi que les dix doigts,
Argumentant qu’ils étaient les vrais créateurs.Les jambes, les pieds et les organes moteurs
Mettaient en avant qu’ils étaient indispensables.
Aucun organe n’était à eux comparable,
Ils méritaient donc le poste de directeur.C’était pareil pour tous les organes internes
Qui défendaient bec et ongles leur importance.
Ils avançaient leurs raisons avec insistance
Pour avoir la place de celui qui gouverne.Même les orteils voulaient la prérogative
De devenir chef de l’ensemble des organes.
Chacun faisait une description laudative
De son rôle, comme des grands mégalomanes.Le trou de balle posa sa candidature
En sollicitant d’être traité en égal.
Ceci déclencha l’hilarité générale :
Pour être chef, il faut en avoir la carrure !L’anus se vexa, -il est plutôt susceptible-
Et refusa de remplir ses obligations :
Il se ferma, et interrompit ses fonctions.Ça devenait particulièrement pénible
Au bout de quelques jours pour les autres organes :
Les yeux se brouillaient, le foie doubla de volume,
La langue fourchait, le nez attrapa un rhume,
Les reins étaient bloqués, «Popaul» était en panne…Et pour les organes qui se disaient «majeurs»
La situation n’était pas des plus confortables :
Les poumons s’essouflaient, de même que le coeur,
L’estomac, l’intestin, ainsi que leurs semblables.Le trou de balle remonta dans leur estime.
Les organes-candidats se mirent d’accord :
Ils reconnurent unanimement leur tort
Et élirent l’anus comme chef légitime.La conclusion à en tirer est plutôt claire,
Et je maintiens en pesant chacun de mes mots
Qu’on n’élira jamais comme chef un cerveau.
Un simple trou du cul fera bien mieux l’affaire !
Ce texte, trop rigolo, n’est pas de moi…je l’avais mis en ligne à l’occasion de l’ élection de Hollandouille ..

11 réponses à “Je me disais aussi que ça sentait la merde

  1. Quelle verve ! Dans un domaine voisin j’ai lu que l’Italie servait de ban d’essai au crédit social. Les Italiens sont en pointe dirait-on

    • V i !!!… Bologne, la ville plus bobo gauchiarde d’ Italie ( céramiques, sols, bidets )….ceux qui sont tous crevés de covid dès le premier jour parce qu’ils avaient obéi en masse à une vaccination contre la grippe et la méningite !!!…pas bien compris en quoi consistent les  » récompenses  » mais c’est tout à fait le genre de riches snobs hygiénistes méprisants capables de participer ..

    • Les récompenses ? Je me souviens qu’au début de la vax il était offert une part de pizza contre une piqouze.. Ça pourrait être une image de Draghi ou de Macron ça marcherait tout aussi bien à ce niveau de connerie

  2. Effectivement, voilà un genre de fable fort bien tournée ! Et tellement vraie !
    Pour que les choses aillent bien, nul besoin de chef, mais besoin est que chacun puisse travailler correctement pour la fonction qui lui revient, en accord avec les autres.
    Bravo à celui ou celle qui l’a écrit avec brio, et merci à toi Chris, de nous le transmettre.

  3. Cette histoire me semble inspirée d’ un chapitre de « LA CAZZARIA » -Dialogue priapique de l’arsiccio intronato- écrit par Antonio Vignale (XVIème siècle!) c’ est au chapitre « Pourquoi le cul est honoré le premier »… 😀

    extrait : « un jour que les membres étaient convenues de donner un festin, ils ne voulurent pas y inviter le cul, qu’ils trouvaient malpropre. Indigné, celui-ci leur fit comprendre à leurs dépens qu’ils ne pouvaient se passer de lui; se resserrant soudain, il s’opposa aux besoins naturels du corps; toute la victuaille restée dans le ventre commença à se putréfier et à communiquer de graves incommodités aux autres membre qui, ne pouvant plus user des bienfaits de la Nature, gisaient, langissants et malades, à deux doigts de la mort; force leur fut de patiser avec le cul; ils se livrèrent à sa discrétion, le priant de les traiter à sa guise (….) de là vient qu’aujourd’hui encore, dans toutes les noces, dans toutes les fêtes, le cul est le premier à s’assoir, comme étant le principal et le plus respectable de tous les mebres; et il n’est pas convenable de commencer manger tant que le cul n’a pas pris sa place. (…)

    J’ ai un bel exemplaire de l’ ouvrage (Ed. Cercle du Livre précieux 1960) 😉
    Convenons que tout cela est n’ est que justice et qu’ il convient d’ honorer le cul . 😀 Merci Chriss pour ce rabelaisien rappel 😉

    • Et merci à toi Equa d’avoir éclairé notre lanterne à tous/toutes ! 🙂

    • C’est un certain  » Pragmat  » qui a laissé ce petit poème en commentaire d’un articlel de Contre Point en 2015…
      Les tractations entre chiffonniers de méchancon et droites plus ou moins droites pour les législatives m’y ont fait tout de suite penser !!….tous indispensables …tous inefficaces …résultat : une colo de députés / trous du cul …
      Didon , cazzaria vient de  » cazzo  » qui signifie textuellement  » bite » …en gros  » grosses histoires cochonnes paillardes  » ….T’en as de droles de lectures !!! ( rire ! ) ….vrai que ça fait très  » rabelaisien  » ..

  4. @Chriss : si tu lisais les titres de chaque petit chapitre ! je ne peux même pas en mentionner quelques-uns … c’ est en effet très rabelaisien … (même époque) La Cazzaria aurait été publiée en 1531 …

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Antonio_Vignale

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